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Incidence
d’un AVC sur la famille
Le patient souffrant
d’un AVC aigu
Bien que les AVC soient une
occurrence commune dans notre société – il en
survient environ 50 000 au Canada chaque année – chacun
d’eux frappe comme la foudre, de façon presque toujours
inattendue. Ils affectent souvent un conjoint qui, à cause
de son âge, n’est peut-être pas en très
bonne santé et peut avoir du mal à s’adapter
à une telle crise. Pendant les premiers jours, on se préoccupe
avant tout de la survie du patient. Puis, pendant quelques semaines,
la question est de savoir dans quelle mesure le patient pourra se
rétablir. À mesure que la situation devient plus claire,
la famille doit apprendre à composer avec un être cher
qui a peut-être de la difficulté à les comprendre,
qui peut ne pas être en mesure de communiquer ses pensées
et ses sentiments, qui est souvent émotionnellement labile
(qui a une perte de contrôle émotionnel due à
une lésion du cerveau), qui a probablement de la difficulté
à se déplacer, qui souffre d’un handicap visuel,
qui a besoin d’aide pour accomplir les tâches les plus
simples de la vie quotidienne et qui se fatigue si facilement.
L’importance du soutien
Lorsqu’il commence à
se rétablir, le patient peut devenir très déprimé.
Dans un certain sens, c’est là un bon signe puisque
que cela montre que la personne comprend ce qui lui est arrivé.
C’est à ce stade que le conjoint, les membres de la
famille et les amis peuvent jouer un rôle crucial en rassurant
le patient de leur amour, de leur amitié, de leur dévouement
et de leur appui. Les thérapeutes, les infirmières,
les médecins et les bénévoles peuvent manifester
de la compassion et fournir une aide technique, mais ils n’ont
pas le temps de fournir au survivant l’attention personnelle
dont il a besoin.
Rééducation
Quand le patient délaisse les soins intensifs pour entamer
la rééducation, les membres de la famille peuvent
être pris de court par les changements dans les soins qui
lui sont prodigués. Ils peuvent interpréter les efforts
de l’équipe pour encourager le patient à être
plus autonome comme étant des soins infirmiers piètres.
Les proches peuvent demander au thérapeute du survivant de
leur indiquer comment ils peuvent promouvoir et favoriser son rétablissement.
Ils peuvent jouer un rôle important en motivant le patient
en l’encourageant à essayer de nouvelles choses par
lui-même.
Éducation sur les AVC
Lorsqu’un survivant d’un
AVC débute la réadaptation, il est essentiel que ses
proches, ses amis et lui soient renseignés au sujet des AVC.
Les proches du survivants peuvent s’adresser à divers
professionnels des soins de santé et contacter le Réseau
de traitement des AVC pour en savoir plus long sur les différents
aspects des AVC et du rétablissement après un AVC.
Ils voudront peut-être
se renseigner sur les aspects suivants :
· Les causes et le mécanisme
des AVC
· Le processus de récupération, le pronostic
et les facteurs de risque tels que l’arythmie cardiaque, l’hypertension
artérielle, le diabète et l’embonpoint qui doivent
être contrôlés et suivis afin d’éviter
une récidive.
· Le rôle que peuvent jouer les infirmières,
les ergothérapeutes et les orthophonistes dans la réadaptation
· L’impact émotionnel des AVC
· Les médicaments prescrits aux patients
· Les programmes externes et de jour offerts aux survivants
dans votre région.
La progression des soins
Il arrive souvent qu’un
patient passe deux ou trois semaines dans les soins de courte durée
(soins actifs) à l’hôpital, où l’équipe
de réadaptation voit le patient et entame le traitement.
Ce dernier se poursuivra ensuite dans une unité de réadaptation
où le rétablissement du patient est accéléré.
À ce stade, le patient a des sessions individuelles avec
des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des
orthophonistes, ainsi que des séances de groupe. Certains
centres de soins ont un directeur de loisirs qui organise des activités
sociales comme des soirées au pub, des séances de
magasinage, des fêtes pour marquer les jours spéciaux,
etc.
On encourage la famille à
assister aux séances de traitement du patient pour recevoir
des directives sur les transferts et les soins à domicile.
Les proches peuvent fournir une assistance dans les domaines comme
l’orthophonie. L’ouvrage de Valerie Eaton Griffith intitulé
A Stroke in the Family contient beaucoup de précieux conseils
sur la façon dont la famille peut faciliter la rééducation
en ce qui a trait au langage.
Après 10 à 12
semaines dans une unité de réadaptation, le patient
passera habituellement à une clinique externe où il
prendra part à des séances de traitement, des exercices
en groupe et des activités récréatives ; un
lunch est également servi. À l’hôpital
de jour, une infirmière peut surveiller la tension artérielle
du patient, sa composition sanguine et le temps de prothrombine
et changer les pansements, les cathéters, etc. Le médecin
peut voir le patient concernant une maladie actuelle ou peut organiser
des consultations avec un spécialiste médical au besoin.
Les conférences familiales sont fréquentes à
ce stade et, comme pour toutes les autres conférences qui
se tiennent dans les unités de réadaptation, nous
encourageons le médecin de famille à y assister.
Réajustement sexuel après
un AVC
Le survivant d’un AVC
a une image de soi diminuée et peut douter qu’il/elle
peut encore être aimé. L’amour, la patience et
la compréhension de ses proches sont tous très importants
à ce stade.
Les survivants doivent également
ajuster leur vie sexuelle après un AVC. Un AVC ne diminue
habituellement pas la libido ou la possibilité d’atteindre
l’orgasme. Cependant, la reprise des activités sexuelles
avec pénétration est une étape majeure du processus
de rétablissement. Le Dr Charles Clay Dahlberg, un psychiatre
américain, décrit son propre AVC et son rétablissement
dans un excellent ouvrage intitulé Stroke, publié
chez Norton and Company. Il écrit : [traduction] «
Un matin, environ trois semaines après mon AVC, je me suis
réveillé avec une érection et c’était
une sensation très agréable. La vie revenait –
si peu de temps après les résultats positifs de ma
dernière scintigraphie cérébrale – et
nous avons décidé qu’il était temps de
passer à l’action. Je crois que nous étions
tous les deux nerveux mais tout s’est bien passé ;
après, Jane m’a demandé comment je me sentais
et je lui ai répondu « Bien ». Je lui ai posé
la même question à mon tour et elle m’a donné
la même réponse. »
Dans son livre, Sexual Consequences
of Disability, Alex Comfort dit, en résumé, qu’on
a beaucoup trop peu de données scientifiques sur les dysfonctions
sexuelles reliées aux AVC. Certaines difficultés sexuelles
sont d’origine émotionnelle : une inquiétude
constante au sujet d’une récidive, la peur envahissante
après un événement catastrophique, l’anxiété
de performance face à l’acte sexuel, des sentiments
de culpabilité non résolus ou une dépression
clinique. Ces difficultés peuvent être gérées
grâce à une discussion claire et explicite de la fonction
sexuelle, une thérapie auprès d’un sexologue
ou la prescription d’un antidépresseur approprié.
On encourage les membres de la famille à travailler ensemble
pour relever les défis liés à l’après-AVC
afin de maximiser la qualité de vie du survivant et de ses
proches.
Le long chemin du retour
Les réactions des gens
après un AVC peuvent être semblables à celles
qu’on face à la mort, avec les mêmes étapes
que celles décrites par Elizabeth Kubler-Ross, à savoir,
le déni, la colère, la négociation, la dépression
et l’acceptation. Les proches et les amis doivent savoir qu’on
ne traverse pas nécessairement ces étapes dans cet
ordre. La personne revient souvent aux étapes du déni,
de la colère et de la dépression avant d’en
arriver, éventuellement, à l’acceptation, puis
d’entreprendre le long chemin du retour et du réajustement
à une nouvelle façon de vivre. Les proches doivent
aussi traverser un processus semblable d’acceptation puisqu’ils
doivent également apprendre à s’adapter à
des changements significatifs dans leur vie.
Beaucoup de conjoints et de
proches soudainement obligés de prendre soin d’une
personne qui a subi un AVC et de partager leur vie avec elle se
découvrent un amour, un dévouement et une compréhension
dont ils ne se croyaient pas capables auparavant. Plusieurs médecins
et infirmières se sont dit émus de voir les proches
d’un survivant composer courageusement avec les effets d’un
AVC, travailler ensemble et s’appuyer mutuellement pendant
le rétablissement et après.
Pour plus d’information sur le rétablissement après
un AVC, communiquez avec le :
Rétablissment des ACV
Canada
La Marche des dix sous de l’Ontario
10, boul. Overlea
Toronto (Ontario) M4H 1A4
Tél. : 1-888-540-6666 ou 416-425-4209
www.strokerecoverycanada.com
info@strokerecoverycanada.com
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