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La
sexualité et l’AVC
La peur, la frustration,
la nécessité de s’ajuster à une nouvelle
image de soi, de s’adapter à un « soi »
nouveau et souvent très différent, le fait d’être
déçu de sa performance dans plusieurs domaines de
la vie et de douter de sa propre capacité à composer
avec tous ces changements – tous ces éléments
font partie du processus de rétablissement après un
AVC. L’hémiplégie, les changements de personnalité,
les difficultés de communication et une capacité d’apprentissage
réduite sont d’autres facteurs avec lesquels il faut
souvent composer.
Lorsqu’on
est confronté à de tels défis, la sexualité
peut ne pas sembler importante dans les premiers temps suivant un
AVC. Toutefois, à mesure que la récupération
progresse et que le survivant et son conjoint recommencent à
éprouver du désir sexuel, il est important d’être
informé et d’avoir une attitude positive face aux effets
d’un AVC sur la sexualité, afin de favoriser le rétablissement
et renforcer l’estime de soi. Un AVC ne met pas nécessairement
un terme à la vie sexuelle ; cette dernière peut souvent
continuer à être une importante source de plaisir,
de détente et d’intimité.
Parlons
franchement
À quoi ressemble
la sexualité après un AVC? Il y a rarement une raison
médicale pour empêcher un survivant d’un AVC
de reprendre une vie sexuelle active s’il le désire
et si son médecin n’y trouve aucune objection. Les
rapports sexuels ont généralement un effet bénéfique
sur le bien-être physique et mental des survivants d’un
AVC et de leur partenaire en améliorant leur qualité
de vie et en renforçant l’intimité.
Même si les
survivants d’un AVC continuent d’éprouver des
pulsions sexuelles, celles-ci sont souvent ressenties à travers
le filtre de leur invalidité. Une étude menée
auprès de 79 hommes et femmes ayant subi un AVC de trois
mois à trois ans plus tôt a révélé
que seulement un couple sur six avait maintenu une vie sexuelle.
Répercussions
d’un AVC sur la sexualité
Parmi les répercussions
possibles et normales d’un AVC, il y a :
· diminution de l’image de soi et de l’estime
de soi
· crainte d’être rejeté ou de ne plus
être aimé
· changements émotionnels et relationnels pouvant
influencer la libido
· crainte ou anxiété de performance face à
l’acte sexuel
· le changement social et la façon dont les personnes
handicapées sont perçues par les autres (cela s’applique
particulièrement aux survivants d’un AVC qui sont célibataires,
veufs, divorcés ou séparés).
Tous ces aspects
peuvent être affectés dans les semaines ou les mois
qui suivent un AVC et entraîner une diminution de l’activité
sexuelle ou un changement dans la façon dont s’exprime
le désir sexuel. Les rapports sexuels peuvent diminuer ou
devenir moins agréables et, souvent, cesser complètement.
La diminution
de l’activité sexuelle peut avoir plusieurs causes
:
· La peur de subir un autre AVC rend souvent l’acte
sexuel peu attrayant (votre médecin peut vous rassurer là-dessus
ou vous suggérer des solutions de rechange)
· La dépression d’un des partenaires réduit
sa libido
· Après la perturbation initiale causée par
un AVC, le couple peut perdre l’habitude de faire l’amour
· Les effets secondaires des médicaments, en particulier
ceux qui réduisent la pression artérielle, peuvent
affecter la libido et la performance sexuelle (prendre tous les
médicaments tels que prescrits)
· Les lésions du cerveau gauche affectent le champ
d’attention, le jugement et la planification, ce qui rend
les habitudes sexuelles antérieures difficiles ou impossibles
à reprendre. *
· Le (la) partenaire non-handicapé(e) peut s’intéresser
moins aux rapports sexuels à cause du changement d’apparence
ou de personnalité de son/sa partenaire.
· Il peut s’avérer difficile, pour la personne
soignante, de passer du rôle de soignant à celui d’amant(e).
*(Pour plus de
renseignements, consulter le dépliant intitulé «
Changements émotionnels et comportementaux après un
AVC)
Réajustement
des habitudes sexuelles
Les attitudes à
l’égard de la sexualité jouent un rôle
important dans l’ajustement de l’individu et du couple
après un AVC. La plupart d’entre nous ont appris qu’il
faut garder les détails de notre vie sexuelle pour soi, une
tradition d’intimité qui empêche souvent les
survivants d’un AVC et leur conjoint de discuter ouvertement
des effets de la maladie sur leurs relations sexuelles. Sans une
communication franche et ouverte, la reprise de l’activité
sexuelle après un AVC est compromise. Considérez cela
comme étant une brève période d’inconfort
– qui pourrait être la première étape
vers une vie sexuelle enrichissante. Les médecins et les
thérapeutes peuvent aider à briser la glace quand
les partenaires éprouvent de la difficulté à
discuter de leurs problèmes de sexualité.
Les rôles
sexuels traditionnels peuvent également poser un inconvénient
pour l’individu ou le couple qui tente de se rajuster après
un AVC. Les hommes, en particulier, ont tendance à penser
que sans des rapports avec pénétration, leur vie sexuelle
est terminée à tout jamais. Mettre moins l’accent
sur la pénétration comme seule façon de jouir
de la sexualité rendrait plus acceptables d’autres
types d’expression sexuelle tels que les étreintes,
les caresses, l’autostimulation, etc., et permettrait aux
survivants d’un AVC d’entrevoir la sexualité
de manière plus positive.
S’ajuster
aux changements physiques dans la fonction sexuelle
· La perte de sensation signifie qu’il faudra peut-être
explorer de nouvelles formes d’expression sexuelle
· Différents degrés d’hémiplégie
(faiblesse unilatérale) peuvent nécessiter un ajustement
quand il s’agit de trouver une position confortable pour les
relations sexuelles
· Trouver une position confortable peut s’avérer
difficile à cause de spasmes musculaires, d’une incontinence
anale ou urinaire, de la fatigue, de problèmes de vision
et du manque d’équilibre.
Votre médecin
peut vous aider en vous fournissant de l’information, en discutant
ouvertement de la fonction sexuelle, en organisant au besoin des
séances de thérapie avec un(e) sexologue, ou en prescrivant
un antidépresseur si nécessaire.
Augmenter
vos chances de succès
Les relations sexuelles
sont une façon d’exprimer l’amour et la tendresse,
de réduire le stress et de promouvoir la complicité
du couple. Les partenaires devraient discuter ouvertement de leurs
désirs et de la façon de les combler, et aussi prendre
les mesures suivantes :
· Essayer
de rendre leurs rapports sexuels aussi faciles et aussi confortables
que possible
· Ne pas négliger leur hygiène personnelle
et soigner leur apparence
· Se rappeler qu’il leur faudra du temps pour découvrir
ce qui convient le mieux au couple
· S’attendre à ressentir un certain degré
de frustration et, autant que possible, conserver leur sens de l’humour
et ne pas prendre les revers trop au sérieux.
· Garder l’esprit ouvert – il y a plusieurs façons
de jouir d’une vie sexuelle épanouie !
Dans les situations
où il n’est pas possible d’avoir des rapports
sexuels, le couple peut quand même trouver d’autres
moyens d’exprimer sa sexualité. La tendresse et la
chaleur communiquées par les étreintes et les caresses
peuvent s’avérer une source continue de satisfaction
et de jouissance.
Pour plus d’information
sur le rétablissement après un AVC, communiquez avec
le :
Rétablissment
des ACV Canada
La Marche des dix sous de l’Ontario
10, boul. Overlea
Toronto (Ontario) M4H 1A4
Tél. : 1-888-540-6666 ou 416-425-4209
www.strokerecoverycanada.com
info@strokerecoverycanada.com
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