L’aphasie, la
communication et l’AVC
L’AVC et le langage
La capacité de
communiquer par le langage et les gestes est une chose que la
plupart des gens tiennent pour acquis. Dès notre plus jeune
âge, une bonne partie de notre vie est consacrée
à l’acquisition, puis à l’exercice de
l’aptitude naturelle du langage dans notre vie familiale
et professionnelle de tous les jours.
Imaginez que vous perdiez subitement la capacité de commander
un repas au restaurant, de lire le journal, de comprendre une
émission radio ou de répondre quand on vous parle.
Pour les survivants d’un
AVC, à un moment où ils sont déja désorientés
et craintifs, la perte ou la diminution du langage est un coup
dur. Environ 20 p. cent des survivants d’un ACV souffrent
d’une aphasie due à un dommage au cerveau. Chaque
personne aphasique a un ensemble unique de problèmes liés
au langage, accompagnés d’autres symptômes
causés par le même AVC.
Aphasie
L’aphasie est caractérisée
par des problèmes de langage causés par des dommages
au cerveau. Les personnes atteintes d’aphasie peuvent avoir
de la difficulté d’expression, de compréhension,
de lecture et d’écriture (un ou tous ces domaines
peuvent être affectés). La nature et la gravité
de ces problèmes peuvent varier. De façon générale,
l’aphasie n’affecte pas la capacité de penser,
de raisonner et de comprendre. La plupart des aphasiques savent
ce qu’ils veulent dire – ils ont simplement de la
difficulté à s’exprimer verbalement. Ils peuvent
également avoir de la difficulté à comprendre
des formes de communication non verbales comme les gestes et les
expressions faciales.
L’aphasie
peut se manifester sous plusieurs formes. Certains aphasiques
éprouvent de la difficulté à trouver leurs
mots (anomie). Certains ne peuvent répondre à une
question qu’en la répétant, comme un perroquet
(écholalie). D’autres inventent des mots (néologismes),
ou restent « coincés » sur un mot quelconque
et le répètent plusieurs fois (persévération).
Les paraphasies comme, par exemple, substituer « pelle »
à « belle », et/ou « femme » à
« mari », etc., sont aussi courantes.
La dysarthrie est une
faiblesse ou une paralysie des muscles du visage, de la bouche,
du cou et/ou de la gorge causée par une lésion au
cerveau et qui peut entraîner des problèmes d’expression,
d’alimentation, de déglutition et/ou de respiration,
ainsi que des troubles de l’élocution. Elle peut
survenir avec ou sans aphasie.
Orthophonie
Les orthophonistes aident
les survivants d’un ACV à réacquérir
les habiletés de communication nécessaires pour
réintégrer leur vie familiale et leurs cercles d’amis
et de collègues. Des séances d’orthophonie
intensives (quatre ou cinq fois par semaine) à l’hôpital
commencent habituellement dès que la personne se sent assez
bien pour entamer le traitement. En général, de
trois à six mois après l’AVC, le patient se
rétablit et atteint un plateau. Toutefois, son état
de santé peut continuer à s’améliorer
pour une période indéfinie, selon sa santé,
son âge, sa motivation et la gravité de l’AVC.
Faciliter le rétablissement
– pendant le séjour à l’hôpital
· Afin de maximiser
le confort du patient et faciliter le retour de ses capacités,
apportez des lunettes, des appareils auditifs, des piles, des
dentiers et de la colle pour appareils dentaires au besoin.
· Placez bien en vue des photos de membres de la famille
ou des amis du patient afin de l’aider à se retrouver.
· Consultez l’orthophoniste (ou le neurologue, le
médecin traitant et les infirmières dans les hôpitaux
plus petits) et demandez-leur ce que vous pouvez faire. Les gestes
de réconfort et la communication seront plus efficaces
si vous comprenez l’aphasie de votre être cher.
· Ne supposez pas que la personne aphasique ne peut pas
comprendre ce que vous dites. Ne dites jamais, en présence
d’une personne aphasique, quelque chose que vous ne voudriez
pas qu’elle comprenne entièrement.
Choses
importantes à se rappeler :
· La frustration
causée par l’aphasie peut entraîner de l’irritabilité
chez le patient.
· Il est normal de s’attendre à ce qu’un
survivant d’un AVC fasse de la dépression en raison
de la maladie et du stress. Les changements chimiques causés
par l’AVC peuvent entraîner une dépression
et une apathie encore plus profondes.
· Les aphasiques (et les survivants d’un AVC en général)
peuvent ne pas ressembler aux personnes que vous avez connues.
· L’aphasie ne s’empire pas avec le temps.
Si le cerveau ne subit aucun nouveau dommage, l’élocution
de presque tous les patients aphasiques s’améliore
avec le temps.
Une fois
de retour à la maison
· Aidez la personne
aphasique à établir une routine quotidienne, en
ayant soin de prévoir des périodes de repos –
les survivants d’un AVC se fatiguent facilement.
· Encouragez-les à prendre part à des activités
qu’ils aiment ou auxquelles ils peuvent s’adonner
seuls.
· L’aphasie est une maladie qui affecte toute la
famille – le soutien d’un(e) soignant(e) est tout
aussi important que l’aide fournie à la personne
aphasique. Joignez-vous à un groupe de soutien pour les
victimes d’AVC. Le Réseau de traitement des AVC fournit
de l’entraide, des occasions de socialisation et des renseignements
utiles aux survivants d’un AVC et à leur famille.
Expression
et compréhension
Pour faciliter l’expression
et la compréhension :
· Parlez lentement et clairement au lieu d’élever
la voix.
· Parlez dans un langage clair et simple. Faites face à
la personne pour qu’elle voie votre bouche et votre expression
faciale – cela l’aidera à comprendre ce que
vous dites.
· Encouragez la personne aphasique à parler en entamant
une conversation avec elle à un niveau qu’elle peut
comprendre. Regardez des photos ensemble et discutez-en. Aidez-la
à trouver le mot qu’elle cherche si elle semble coincée,
mais laissez-la d’abord essayer de trouver le mot par elle-même.
· Écoutez attentivement et patiemment, même
si vous avez de la difficulté à comprendre ce que
la personne dit. Félicitez-la pour ses progrès,
même si ces derniers sont à peine remarquables.
· N’ayez pas une attitude condescendante. Traitez
la personne aphasique comme un adulte.
· Les conversations individuelles sont les plus faciles
pour une personne aphasique – deux interlocuteurs ou plus
qui parlent en même temps peuvent embrouiller la personne
et l’empêcher de comprendre.
· Encouragez les survivants d’un AVC à essayer
d’écrire et de dessiner. Si la mobilité du
bras dominant est réduite, ils devraient essayer d’écrire
avec l’autre main. Il leur sera peut-être plus facile,
au début, d’écrire en lettres moulées
et d’utiliser des gros caractères. La clé
du progrès est la pratique.
· Si le patient a de la difficulté à lire,
les livres contenant beaucoup d’images ou écrits
en gros caractères peuvent faciliter la compréhension.
Essayez de lui faire lire les bandes dessinées du journal
de la fin de semaine (les illustrations aident) et ensuite passez
à des choses un peu plus complexes.
Si l’écriture
et l’élocution du patient ne sont pas fonctionnelles,
on doit explorer d’autres formes de communication, en utilisant
des adaptations et d’autres stratégies comme, par
ex., un tableau de communication.
Pour plus d’information sur le rétablissement après
un AVC, communiquez avec le :
Rétablissment des
AVC Canada
La Marche des dix sous de l’Ontario
10, boul. Overlea
Toronto (Ontario) M4H 1A4
Tél. : 1-888-540-6666 ou 416-425-4209
www.strokerecoverycanada.com
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